Gestion de patrimoine : quand les étudiants de l’ISCAE se mesurent aux professionnels

À l’ISCAE Nice, apprendre la finance ne signifie pas uniquement étudier des marchés, des produits financiers ou des stratégies d’investissement en cours.
Cela signifie aussi devoir prendre des décisions.
C’est tout l’intérêt du Championnat des Experts du Patrimoine, une compétition nationale qui réunit professionnels de la gestion de patrimoine, conseillers en investissement, enseignants et étudiants autour d’un même défi : faire fructifier un portefeuille fictif en prenant les meilleures décisions d’investissement.
Cette année, deux étudiants de l’ISCAE Nice se distinguent particulièrement parmi les 262 participants : Alexis Castagna, actuellement 17ᵉ, et Valentin Derouet, 38ᵉ.
Une performance d’autant plus intéressante qu’ils devancent pour le moment… leur propre enseignant, Philippe Mansanarez, classé 45ᵉ.
Apprendre à investir dans des conditions proches du réel
Le Championnat des Experts du Patrimoine place les participants face aux mêmes grandes questions qu'un investisseur : comment répartir ses actifs ? Quels fonds sélectionner ? Quand faut-il conserver une position ou, au contraire, revoir sa stratégie ?
Tout au long de la compétition, chacun construit son allocation, observe l'évolution des marchés et réalise ses propres arbitrages.
La performance compte, évidemment. Mais l'intérêt pédagogique se trouve surtout ailleurs.
Chaque décision oblige à analyser une situation, formuler une conviction et accepter qu'elle puisse être remise en cause par les marchés.
C'est précisément ce qui rapproche l'exercice de la réalité des métiers de la gestion de patrimoine.
À l'ISCAE Nice, les étudiants en Bachelor Conseil en Patrimoine Immobilier et Produits Financiers et en Mastère Banque, Finance & Gestion de Patrimoine peuvent ainsi confronter les connaissances acquises en formation à un environnement beaucoup moins prévisible qu'un cas pratique sur papier.
Quand le professeur entre lui aussi dans la compétition
L'exercice prend une dimension supplémentaire puisque Philippe Mansanarez, enseignant à l'ISCAE Nice et conseiller patrimonial indépendant, participe lui aussi au championnat.
Chargé de cours en produits bancaires, financiers et assurance auprès des étudiants du Bachelor et du Mastère Gestion de Patrimoine, il en est aujourd'hui à sa troisième participation.
Une manière d'abolir, le temps de la compétition, une partie de la frontière entre celui qui enseigne et ceux qui apprennent.
Tout le monde dispose du même marché, doit effectuer ses choix et finit par être confronté au même juge : le résultat de sa stratégie.
« Mon principal succès depuis trois ans est surtout d'avoir convaincu mes étudiants de participer au championnat », explique Philippe Mansanarez.
Car derrière la compétition se trouve un véritable exercice professionnel. Pour progresser, les étudiants doivent mobiliser simultanément plusieurs compétences :
analyser les marchés et l'environnement économique ;
prendre des décisions dans un contexte incertain ;
mesurer et gérer le risque ;
résister aux décisions impulsives ;
développer leur esprit critique ;
être capables de justifier une stratégie d'investissement.
Des compétences difficiles à développer uniquement à travers un cours magistral et qui prennent ici une dimension très concrète.
Deux étudiants devant leur professeur
À ce stade de la compétition, Alexis Castagna occupe la 17ᵉ place et Valentin Derouet la 38ᵉ sur 262 participants.
Philippe Mansanarez pointe, lui, à la 45ᵉ place.
Au-delà de l'anecdote, ces résultats permettent aux étudiants de mesurer leurs décisions à celles de participants beaucoup plus expérimentés et de constater qu'une stratégie argumentée peut rivaliser avec celles de professionnels du secteur.
Une situation que leur professeur semble d'ailleurs prendre avec philosophie :
« C'est ma troisième participation au Championnat des Experts du Patrimoine et j'apprécie de me confronter à mes apprenants, qui prennent plaisir à me battre… et moi aussi ! », explique-t-il avec humour.
Le classement reste évidemment provisoire. Et sur les marchés financiers, une avance peut rapidement disparaître.
Ce qui rend justement la suite de la compétition encore plus intéressante.
« J'ai dû raisonner comme un investisseur »
Pour Valentin Derouet, étudiant en Bachelor Gestion de Patrimoine et Produits Financiers et actuellement 38ᵉ, l'expérience permet surtout de passer de la théorie à la décision.
« Quand j'ai vu que j'étais 38ᵉ, ma première réaction a été une vraie satisfaction. J'ai eu le sentiment que ma stratégie d'analyse commençait à porter ses fruits.
J'ai abordé le championnat avec un véritable esprit de compétition. J'essaie d'identifier les grandes tendances du marché et les dynamiques du moment avant qu'elles ne soient complètement intégrées par les autres participants. Savoir suivre et interpréter l'actualité économique et internationale m'a clairement aidé.
Cette compétition m'a surtout obligé à raisonner comme un investisseur. Il faut comprendre l'économie de pays ou de secteurs auxquels on ne se serait pas forcément intéressé, prendre de vraies décisions et apprendre à gérer le risque.
C'est beaucoup plus immersif qu'un exercice classique : on apprend directement par la pratique et à travers les conséquences de ses propres choix.
Quant au fait d'être devant mon professeur au classement… je vais éviter de trop fanfaronner, parce que tout peut encore évoluer. Mais bon courage à Monsieur Mansanarez !** » plaisante-t-il.
Le Top 10 comme prochain objectif ?
Ce ne serait pas une première pour un étudiant de l'ISCAE.
En 2025, Ruben Lelouche, alors étudiant en Mastère Banque, Finance & Gestion de Patrimoine, avait atteint la 10ᵉ place du classement général dès sa première participation.
Alexis Castagna, aujourd'hui 17ᵉ, pourrait-il à son tour entrer dans le Top 10 ? Valentin Derouet conservera-t-il son avance sur son professeur ? Et Philippe Mansanarez finira-t-il par reprendre l'avantage ?
Il faudra attendre la clôture du championnat, le 13 janvier 2027, pour le savoir.
D'ici là, le classement continuera d'évoluer au rythme des marchés et des décisions de chacun.
Et c'est finalement tout l'intérêt de l'exercice : apprendre que dans la gestion de patrimoine, connaître la théorie est indispensable, mais savoir décider lorsqu'aucune réponse n'est certaine fait toute la différence.
